L’homme, l’argent …et le dicton chinois

Un éditorialiste thaï faisait remarquer justement dans un de ses billets, qu’il ne fallait pas nous inquiéter pour la fortune –  acquise légalement ou non  – de Thaksin. « Ce n’est pas notre argent ni le vôtre » soulignait t-il avec à-propos. Si ces 76 milliards de Bahts devaient lui être restitués, il lui faudrait vivre 208 ans en dépensant 1 million de bahts par jour pour venir à bout de cette somme. Autant il est relativement facile de vivre avec 200 bahts par jour, autant il faut une énergie féroce pour dilapider 1 million de bahts en 24 heures et  pendant 76 000 jours.

Cette réflexion me rappelle une anecdote relevée dans une de mes lectures et probablement née dans le cerveau de quelque sage ou philosophe chinois. Comme la source en est vague et se perd dans ma mémoire, je me la suis appropriée, ou plutôt je l’ai mise dans la bouche de Somchaï, un des personnages de mon roman « Théâtre d’ombres »*. Somchaï donc, mi-chinois, mi- thaï, se souvient de son père lui posant l’énigme suivante : « Supposons un homme, représenté par le chiffre 1, et l’argent qu’il possède, par les nombreux zéros qui le suivent. Lorsque cet homme meurt, car c’est le sort de tous les humains, ce chiffre 1 disparaît. Que reste t-il alors ? »

Il faut savoir que dans l’écriture du mandarin, « homme », « ren », est représenté par un signe à deux traits évoquant étrangement ce chiffre « 1 » qui symbolise « l’homme debout » dans l’écriture chinoise.

Donc que reste t-il lorsque cet homme « ren » (« 1 »), meurt ? Eh eh ! Il ne reste que des zéros….donc RIEN ».

Tout ça pour dire qu’il était fou d’accorder tant d’importance  à cet  argent, confisqué ou rendu à Thaksin. Ne pas non plus lui faire cet excès d’honneur en le considérant comme seul déterminant de l’avenir du pays.

« As a customer of AIS, I must have contributed a little share in the historic sum standing to be unfrozen or permanently seized by the Supreme Court this Friday » « Nous tous avons contribué à l’enrichissement de Thaksin. Rappelez-vous les jours où nous devions payer à sa compagnie de téléphone AIS, les 500 bahts mensuels, sans même parfois avoir passé le moindre appel »  écrit Tulsathit Tapmin dans le quotidien « The Nation ».

Allez ! Jour « J moins 2 ». Les Thaïs ne vont-ils pas finir par se poser la vraie question : « Sommes-nous de vrais bouddhistes ? »

Et moi d’ajouter mon grain de sel en faisant remarquer à Tulsathit, qu’un thaï qui ne passerait pas un seul coup de fil dans un mois doit être plus exceptionnel qu’une perle dans une huître.

*Edition de la Fremillerie  – ou Fnac.com

 

  
Yunnan, 3

 Sage chinois

Yunnan 4 

Et autre sage chinois !

Yunnan 18

Paysage chinois…. l'harmonie d'un Cezanne

 

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