L’amour derrière les « rideaux tirés »

Entre "hôtels de passe" et "cinq à sept" ou dur d'être un homme en Thaïlande

 

Un peu de légèreté dans un ciel en train de virer au bleu profond  et presque souverain de l’hiver thaïlandais du nord (ฤดูหนาว : reudou nao : saison fraîche)

Il existe partout en Thaïlande – des grandes villes aux petites localités, en passant par les campagnes –  ce qu’on appelle ici, dans une langue universelle : des "LOVE HOTEL", mais que les thaïs entre eux appellent « maan rod » « rideaux coulissés ».  L’équivalent de nos « hôtels de passe » parisiens ? Pas si sûr. C’est moins sordide. Plus coquets souvent, mais pour des fonctions pas très éloignées. Disons pour des amours "passagères", "tarifées ou pas", "illicites presque toujours", "spontanées", "impatientes", "sans lendemain", "incontrôlables", "irrépressibles", "hygiéniques", et qui sait ? Parfois "romantiques" (il ne faut pas désespérer du genre humain).

Ces hôtels ont une particularité, et c’est ce qui éveilla ma curiosité il y a quelques années lorsque je vivais en Isan : les voitures qui stationnent à l’arrière de ces motels, avec accès direct à la chambre, sont cachées par des rideaux tirés. Je posais la question à un Thaï de mes amis qui me répondit : « Pour qu’on ne puisse pas lire la plaque minéralogique de la voiture. Au cas où une connaissance ou la femme du propriétaire de la voiture viendrait à passer par là ». ce qui confirme l’idée générale d’amours illégales la plupart du temps.

Ce genre d’hôtels fait partie de la culture thaïe, une culture d’amours légères, sans importance, sans contraintes, immédiates, amours traversées parfois d’éclairs de jalousie intense (jalousie qui n'a rien de romantique, elle peut même parfois être criminelle – en tout cas elle n'est  souvent que l'expression d'une frustration, d’une dépossession de biens.. Dites à une « mia louang » (épouse officielle) que son mari entretient une « mia noï » (maîtresse) ! souvent sur un même pied d'égalité qu'elle ! Parfois mieux ! La "mia noï"- avec la voiture, le petit commerce offert, l’argent régulier,  - devient donc une vraie seconde épouse, avec enfant parfois ou souvent. (Je me souviens d'une histoire ou chacune des deux femmes pensait être l'officielle et considérait l'autre comme la "secondaire" !) Dans ces conditions l’épouse légitime voit l’argent du mari filer ailleurs, et ce n’est pas plaisant dans un pays où l'argent a beaucoup d'importance. La « mia noï » peut aussi être trompée à son tour, avec une « mia kep » une femme entretenue "de temps en temps", une "irrégulière" payée au coup par coup si je puis m’exprimer ainsi. D’où l’importance des rideaux. Car subir la jalouse d’une légitime, plus  celle d’une maîtresse ! Dur dur d’être un homme en Thaïlande.

Ca ne les empêche pas d'être les hommes les plus volages du monde. Et pas seulement la réputation ! Deux études – l’une faite par l’américaine « Human Rights report » en 2008, et l’autre, par le fabricant de condoms Durex, en 2012, confirment, chffres à l'appui, cette sacrée réputation.

Quant aux filles, si j’en crois certaines confidences faites par des retraités qui n’ont rien de Sean Connery ou de Clint Eastwood, ils peuvent, sans problème, ramener dans leur « condo » et ce, quasiment chaque jour, une jeune-femme, mariée ou non, pour un « short time » (une heure ou plus) ou un « long time » (toute la nuit).

Les « love hôtels » ne sont pas vraiment pour les farangs, ces « rideaux tirés » c'est de la pure culture thaïe.

Ceci dit je tiens à préciser que – officiellement –  la prostitution est illégale en Thaïlande.

Tout se passe derrière les portes des salons de massages, des karaokés, des "salons de thé" qui en dépit de leur nom, sont les pires endroits pour les très jeunes femmes, ou celles des appartements. Ce qui ne se voit pas n'existe pas en Thaïlande.

Pour l'éphémère, le léger, le passager, le volatile, "l'inconséquent", c'est derrière les « rideaux tirés » des « love hotels »

MAE SARIANG 6A6214

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