L’aventure en solitaire, pour n’être jamais seule

Solitaire sans être seule tel est  le beau paradoxe

Mes voyage en solitaire remontent si loin que j’ai l’impression d’avoir toujours voyagé seule. J’aime trop les rencontres pour voyager avec un compagnon ou une amie. A deux, (je ne parle même pas de groupe), on forme une entité qui – apparemment –  se suffit à elle-même et n’offre pas tout à fait la même possibilité d’ouverture qu’une personne seule. Je parle d’expérience.

Je voyage en solitaire pour n’être jamais seule donc, ainsi j’éveille aussitôt la curiosité de l’autre. L’étonnement mène aux questions puis au dialogue ; pour un” selfie” ou pour une invitation à franchir le seuil de la maison.

Je reconnais que cet état peut avoir un côté égoïste que je revendique. Qui aurait envie de subir mes caprices, mon inconstance, mes insupportables velléités ? Je commence très souvent ma journée avec un but, puis un événement survient,  un sourire ou une lumière insolite qui détournent mon attention….  alors, brusquement, je change mon itinéraire.

Quand je marche à l’aventure l’instinct est mon meilleur guide. Je marche à la recherche de quelque chose qui n’existe pas et que je finis parfois par trouver, ce qui est la définition même de l’aventure : l’abandon à l’imprévu, à la surprise…. ou à l’invitation.

La plus insolite : c’était au nord Sumatra. Je marchais dans un petit village dont la population était Batak (chrétienne). Un jeune garçon vient à ma rencontre et me dit :  “tu veux voir ma grand-mère ?” Je le suis et arrive dans la cour d’une maison modeste, la grand mère est dans un cercueil entourée de sa famille, des amis, de marchands ambulants  et d’un orchestre. Le tout en costume traditionnel. C’est ainsi que j’assistais à des funérailles Batak.

La plus intéressante invitation :  avec un chauffeur de taxi à Kuala Lumpur. Je bavarde, on échange d’abord des banalités et puis on parle politique. Il me dit “Je voudrais vous expliquer pourquoi je suis chauffeur de taxi”. On s’arrête, il m’invite à prendre un thé dans une garrotte indienne. Un moment d’émotion au cours duquel il démontre ce qu’est être dans l’opposition dans son pays. La pression sur lui et sa famille, les vrais chiffres des élections. la corruption, les disparitions. Il me demande de ne pas citer son nom, trop dangereux.

Finalement, si le voyage est aventure, il est aussi abandon. Abandon au hasard, à la chance comme à la malchance…. au “petit bonheur” donc…. (expression) et finalement pour le plus grand bonheur.

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