Histoire d’ici et d’ailleurs : la Malaisie

Peut-on dissocier l’Islam de la Malaisie ?

Les livres d’Histoire sont nécessaires à la connaissance d’un pays. Je n’aimais pas l’Histoire (mes profs de l’époque m’ont inculqué des événements sans mise en perspective). Il ne me reste que des souvenirs de guerres, de révolutions, d’alliances, de trahisons, de rivalités… bref, de pouvoir ! (Rien n’a changé : la politique d’aujourd’hui sera l’Histoire de demain. Je plains les futurs élèves).

Si aujourd’hui je m’intéresse à l’Histoire d’autres pays que le mien, c’est que je l’aborde avec un regard neuf, sans préjugé et une curiosité éveillée par mes voyages.

La Malaisie par exemple. Peut-on la dissocier de l’Islam ?

A quoi ou à qui doit-on cette islamisation si dynamique aujourd’hui ?  Comment celui-ci a pu s’installer et fleurir avec une telle facilité ?

Le fait est là, incontestable. Les Malaisiens sont constitutionnellement musulmans, et forment, historiquement, la majorité de la population de la péninsule (mais pas de beaucoup).

Dès 1930, alors que le pays était encore sous domination britannique, les Malais n’étaient pas en position dominante. Prévoyant l’indépendance quelques organisations politiques Malaises – ont tout fait pour étendre l’influence Malaise – donc musulmane – dans la sphère politique. Manipulation.

C’est ainsi que s’est formé l’UMNO le parti gouvernemental en 1946. Un phénomène qui s’est trouvé conforté par le nationalisme Malais. » Une culture de l’autorité s’est installée, « culture qui correspond tout à fait à l’esprit Malais qui, pour une grande partie d’entre eux, aiment être guidés dans la vie. L’individualisme et la non-conformité (l’originalité) ne font pas partie de leur nature » me dit un Malais musulman, membre de l’opposition. « Ils aiment les leaders puissants, et comme on leur enseigne que sans leader, ils ne sont rien, aussi bien dans le temporel que dans le… religieux, ils se sont laissés « menés » sous la bannière du politique ET du religieux ». Une soumission à plus fort que soi que l’on retrouve dans beaucoup d’autres pays asiatiques, notamment la Thaïlande. Soumission aux militaires ou soumission à la religion…. C’est toujours la même soumission aux plus forts.

Aujourd’hui, n’importe qui peut être accusé de « sédition » (motif bateau qui permet d’accuser n’importe quelle personne abordant des sujets considérés comme sensibles au cours de discussions publiques. Mais pas que…), tout comme la loi 112 de « lèse-majesté » en Thaïlande. « Les accusés de « sédition » (ou de lèse-majesté) sont emprisonnés ou peuvent disparaître » m’explique mon ami Mhod (dont ce n’est pas le vrai nom, trop dangereux pour lui de me parler aussi ouvertement).

L’Histoire dans sa réalité est toujours captivante, ce sont les profs qui manquent de passion pour la transmettre.

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