Des souris et des hommes (anecdotes japonaises)

Japon, anecdotes japonaises

En un peu plus de 2 semaines au Japon, je me suis laissée conduire par ma seule intuition et j’ai vécu quelques moments étonnants et délicieux.

Mes rapports aux autres ? On m’avait dit « pas facile », les Japonais ne se lient pas facilement avec les étrangers, ce qui peut s’expliquer par la barrière de la langue. Mais pas que…

Quelques approches originales…

Je sors de la gare de Kyoto, il pleut des cordes, je n’ai pas de parapluie. Attente qui me paraît interminable au feu rouge auprès d’un homme élégant, d’un certain âge, avec parapluie. « If you don’t ask, you never know » … C’est un de mes leitmotiv, alors je m’approche de l’homme au parapluie et lui demande avec des gestes s’il peut m’abriter. Il me sourit, amusé et me fait une petite place sous son parapluie. Au-delà du passage clouté, nous faisons un bout de chemin ensemble et il me raccompagne jusqu’à mon hôtel. En cours de route je lui chantonne « un p’tit coin d’parapluie contre un coin d’paradis » …Il ne comprend pas mais quelle importance. On se quitte avec des courbettes amusées.

A Kyoto, je prends un taxi. Le chauffeur, curieux, me demande d’où je viens. « Paris » je réponds. Oh ! Il est déjà venu en France et tout de suite il me fredonne une chanson que je ne reconnais pas, mais il insiste… « yes, you know Alain Delon » … et je finis par reconnaître « parole parole » chantée par Alain Delon et Dalida. On finit la course en chantant tous les deux !

A Fukuyama, je me fais conduire en taxi dans un temple situé à 7 ou 8 kms en dehors de la ville sans me préoccuper de mon retour. Le temple est vide en dehors de quelques fidèles shintoïstes en pleine réunion. Vidéo, photos, je profite de l’endroit magique, puis vient le moment du retour. Comment faire ? je ne sais pas où je suis, et la perspective de marcher 8 kms sous une chaleur humide n’est pas très plaisante.

En descendant les marches du temple, je remarque un homme d’un âge très respectable, mais pas rare au Japon. 80 ans, une allure d’homme qui entretient son mental et son physique et beau comme certains Japonais peuvent l’être, mais d’un comportement plutôt étrange. En effet, il s’applique à descendre en marche arrière l’escalier qui conduit au temple.  Une descente comme un rituel, comme une obligation qu’il s’est imposée. Défi à l’équilibre ? Pari à lui-même ? Dommage que je ne parle pas japonais, j’aimerais lui demander s’il monte également ce long escalier en marche arrière. Mimer ma question pourrait prêter à confusion. Lorsqu’il arrive au pied de l’escalier, il se dirige vers son vélo, moi qui rêvais de me faire ramener en ville en voiture ! Qu’importe, je l’accoste en lui tendant mon portable et lui demande s’il peut téléphoner pour moi auprès d’une station de taxi.  Il repousse mon téléphone, sort le sien et appelle une station où les taxis sont tous pris, puis une autre, où on lui répond OK.  Il me conseille ensuite de ne pas bouger, d’attendre le taxi qui va arriver dans quelques minutes. Tout cela avec des signes internationaux, puis il s’éloigne sur sa bicyclette avec un grand signe amical.

Cinq minutes plus tard le taxi est là : poli, gants blancs, housses de sièges en coton blanc, comme dans tous les taxis. Le compteur depuis la station de taxi de la gare marque environ 12 euros au compteur mais dès que je monte dans la voiture, le chauffeur remet son compteur à zéro, et, à l’arrivée, je ne paye qu’un seul voyage et non l’aller et retour comme c’est la coutume en général ailleurs.

Moi, la souris française, j’ai rencontré des hommes Japonais charmants et d’une grande courtoisie.

2 Replies to “Des souris et des hommes (anecdotes japonaises)”

    1. Bonne question Annick. Pourtant au Japon, la vie n’est pas facile, il y a 10 fois moins d’aides qu’en France. Et les personnes âgées ne bénéficient pas de retraites comme en France. Alors elles travaillent jusqu’à des âges avancés. 80 ans ! J’ai vu aussi dans un hôtel de Wakayama, une femme de largement plus de 65 ans (elle était bossue… je ne sais pas comment on dit en langage bien pensant) et travaillait comme femme de chambre. Un boulot difficile où il faut tout rendre impeccable dans un temps très limité.

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