La disparition des couleurs (couleurs et identité)

Et si les couleurs disparaissaient ?

Un livre vient de sortir, intitulé “les crayons de couleurs”, du designer Jean-Gabriel Causse. Ca parle de sauvegarde des couleurs, de l’importance des couleurs, de l’étonnant pouvoir des couleurs et de leur influence. Regarder le sourire d’un enfant ou regarder la couleur rose, exciterait les mêmes neurones du bonheur (d’après les neurosciences)

En Occident elles ont tendance à disparaître, côté mode par exemple (le noir est si chic). Ou côté voitures. Aujourd’hui elles sont presque toute blanches ou grises, alors que dans les années 60, elles étaient de toutes les couleurs (je me souviens de ma 2 CV rouge)

La couleur serait aussi une sorte d’illusion car on ne voit pas tous les couleurs “de la même couleur”, les femmes les verraient plus froides que les hommes. Enfin, ce serait les aveugles qui en parleraient le mieux, d’ailleurs Jean-Gabriel Causse a fait éditer son livre en braille.

La modernisation et l’uniformisation du monde seraient-elles à l’origine de cette disparition des couleurs ? En tout cas fuyez la mode et oubliez la reine du shopping qui impose sa mode ou sa vision de la mode en lançant des “ce n’est pas à la mode ma chériiiiiiiiie en gardant la bouche ouverte.  La couleur c’est magnifique et non magnifaike.

Pour moi la couleur, c’est aussi l’identité, l’identité d’ethnies que je visite, et avec lesquelles je partage ou ai partagé des moments parfois intimes et toujours intenses. Dans le nord de la Thaïlande par exemple.

Le nord de la Thaïlande est terre de “multi cultures”,  de “multi ethnies”, de couleurs, de traditions et de costumes qui, bien sûr, avec le temps finiront par disparaître avec la modernisation du pays. Lorsque j’ai choisi de poser temporairement mes valises à Chiang Mai il y a quelques années, ce fut d’abord pour cette raison : ma curiosité pour des peuples différents, pour leurs particularités, leur religion, leurs rites, leurs coutumes.

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Du cote de Fang, entre Chiang Mai et Chiang Rai, sont concentrés quelque villages de « Palaung» originaires. majoritairement, de l’état Shan en Birmanie. On en rencontre également dans l’état Kachin et dans le sud-ouest du Yunnan en Chine.

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Ils ont émigré en Thaïlande aux alentours de 1984 pour résider dans les districts de Doï Angkang, Chiang Dao, Fang. Ces petits groupes, comme tant d’autres ethnies en provenance de Birmanie ont fuit les violences perpétrées par la junte birmane.

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Ce qui frappe aux premiers coups d’œil, lorsqu’on se promène dans ces villages, ce sont les costumes féminins, leurs couleurs vibrantes de rouge, rose, vert mais pas seulement. Le plus surprenant ce sont les ceintures que portent ces femmes Palaung : une très large en argent et de multiples et fins cerceaux de rotin laqué noir ou rouge.

Ces ceintures ont un lien avec la mythologie et l’origine des Palaung et les femmes portent ces « nhong wong » en permanence car elles symbolisent leur statut.

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Selon la mythologie Palaung, une déesse nommée Roi Ngern, descendit un jour sur terre, mais elle tomba dans un piège fait de rotin destiné à attraper les animaux. Ainsi agrippée, elle ne put retourner vers les sphères célestes, condamnée à rester sur terre où elle devint l’ancêtre des humains. Telle est la légende,

Donc, les femmes Palaung portent ces ceintures qui leur rappellent en permanence leur origine.  Ces ceintures sont également des talismans contre le mauvais sort. Mieux, elles  aideront les femmes à atteindre le ciel après la mort.

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Qu’est-ce qui nous relie, nous, à nos origines ? Sûrement pas nos accessoires vestimentaires. Nous avons perdu ces signes qui nous distinguent les uns des autres. Mon ami s’obstine  à me demander pourquoi j’aime voyager dans les régions ou les traditions sont toujours très vives et pas Singapour, Hong-Kong, Shanghai… Ce que je recherche ce sont les particularités d’un groupe, d’une ethnie, d’un peuple. Son originalité et non l’uniforme des bipèdes habillés en jean et tee-shirt, et tous habillés de noir ou de gris ou de la couleur (ou la non-couleur) qui a été décrétée à la mode.

 

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