Quand un Japonais et une Française (qui écrivent le thaï) se rencontrent

 

Regards croisés sur le Japon

J’ai un ami Japonais –  Abe, comme le Premier Ministre de son pays – Nous nous sommes rencontrés de façon originale dans un des endroits que j’affectionne tout particulièrement, Boulevard Montparnasse. Je le remarquais un matin, appliqué sur des exercices, qui de loin me parurent être, dans une colonne, du japonais et dans l’autre, du thaï. Comme j’apprenais moi aussi le thaï à cette époque, ce fut une entrée en matière évidente. Une amitié de plus de huit ans déjà.

A l’époque, Abe et moi on se croisait souvent car – tout comme moi –  il partageait sa vie entre la Thaïlande et la France.

Abe ne m’a nullement influencée sur mon voyage au Japon. Au contraire. L’image qu’il m’en faisait était plutôt du genre à me rebuter.

Artiste peintre, il a quitté – fuit – son pays il y a presque 20 ans. Lorsque nous échangions sur la stupide loi 112 de lèse-majesté en Thaïlande, il me disait : « ce n’est pas mieux au Japon avec l’empereur ». Marié à une prof – socialiste et dépressive, qu’il a fini par fuir également – il continue de vivre entre Paris et Bangkok. On se retrouve toujours avec le même plaisir exubérant.

Pour la première fois cette année, il est allé – après 18 ans d’éloignement – rendre visite aux derniers membres de sa famille au Japon qu’il a – pour l’occasion – parcouru du nord au sud.

« Le Japon est devenu Disney Land » me dit-il. « Tout est trop bien organisé, et pas une île n’est épargnée par le tourisme de masse, même la froide Hokkaido et ses paysages enneigés, qu’affectionnent tout particulièrement les Thaïlandais ». Puis il ajoute : « les prix au Japon ont terriblement baissé depuis l’envahissement par les touristes, il y a 10 ans tout était beaucoup plus cher ».

Lui est une sorte d’apatride, un Japonais qui a fui se racines nippones mais se montre indulgent devant mon enthousiasme pour son pays natal.

Hier, autour d’un « macha » – un thé japonais mousseux – je lui montre des photos de mariage traditionnel et lui demande ce que représente la capuche blanche au-dessus de la coiffure compliquée de la mariée. Il rit : « Pour cacher ses cornes » !! « Quoi ? » je demande, naïve, « les Japonaises seraient cocufiées par leur mari ? » « C’est la tradition dans les mariages Shinto » me répond-t-il, « Cette capuche est censée cacher la jalousie, l’ego et l’égoïsme de l’épouse, un signe de soumission au mari ». Et il me nomme le nom de cette coiffe : « Tsuno Kakushi » (cornes, cacher).

Si c’est un Japonais qui le dit !

regards croisés sur le Japon

2 Replies to “Quand un Japonais et une Française (qui écrivent le thaï) se rencontrent”

    1. Il s’agit seulement de traditions.. En France on se marie en blanc ! signe de virginité absolue. Est-ce que les mariées sont vierges pour autant ?

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