Le sourire d’une Geisha, l’âme japonaise ?

 

A VOYAGE SENSUEL, RETOUR LITTÉRAIRE

Kyoto, ses temples, ses jardins, ses sanctuaires, son histoire et ses Geishas du quartier de Gion où, la nuit venue, je tente de suivre les claquements sonores de leurs « geta » sur les pavés des ruelles à peine éclairées.

Jamais vu femmes plus sophistiquées marcher aussi vite, de leurs petits pas pressés, pour échapper au regard et à l’indiscrétion des Smartphones qui prennent tout en bloc : premier-plan, arrière-plan, détails gênants ou parasites. Le pouvoir de ma caméra est là : il vise et élimine, il sélectionne et met en avant. En dépit de son poids (appareil et objectif), de jour comme de nuit, elle ne me quitte jamais. Autour de mon cou, fidèle esclave, mais de qui ? Elle de moi, ou moi d’elle ?

Geishas à Gion

La mondialisation des voyages, la congestion des circuits, la bousculade des millions de touristes mènent à l’érosion de la curiosité. Le timing prime sur l’aventure, l’inattendu. Le voyage est pré mâché. Perso, je donnerais volontiers 10 jours autour du Japon pour 4 jours à Kyoto, nez au vent d’automne. J’ai trop soif de rencontres improbables. Touriste je suis, c’est évident, mais touriste amoureuse qui ne lit aucun guide avant de prendre l’avion, mais parfois, oui, au retour, j’en lis. Juste pour avoir des regrets.

Jamais rassasiée d’images et plus tard – et au retour seulement – vient le goût du pays à travers les écrits d’auteurs, d’arpenteurs de planète, de penseurs immobiles : de Claude Lévi-Strauss, Paul Claudel, Ruth Benedict, Henri Michaux à Yoko Ogawa, Murakami, Germain-Thomas, Aki Shimazaki etc.  Avec eux, j’attrape un peu de la culture japonaise. Pas chose aisée, il faut du temps. Il faut le temps pour s’approcher de l’âme japonaise (si tant est qu’elle en ait une dans son unité ou plutôt dans la diversité de son apparente unité) … et aussi difficile à saisir qu’un papillon, aussi délicat à séduire que les discrètes Geishas (Maïko ou Gekko qui en sont les apprenties), qui courent et se faufilent à pas menus, dans la foule des flâneurs le soir venu, dans le quartier de Gion de Kyoto…. Les Geishas, ces pures incarnations de la sophistication que je soupçonne de tout faire pour nourrir et garder leur mystère… et donc, émoustiller notre curiosité, la mienne en tout cas.

Mariage Gion, Kyoto
Mariage à Gion, Kyoto

 

 

 

4 Replies to “Le sourire d’une Geisha, l’âme japonaise ?”

  1. là vraiment beau texte et splendides photos
    l’Auteur a aimé le Japon, s’y plaît, y retournera c’est sûr !

    lorsque Joël parle de perfection c’est sûr ( poussée jusqu’à la tâche rouge floutée au coin de l’oeil qui si absente
    enlèverait un grande part de séduction.

    vivement la suite

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