Avoir des rêves à la hauteur du Fuji Yama

Il faut avoir des rêves plutôt que des ambitions

Lorsque je commençais à écrire mon roman LE VELOURS DE L’ENFER, j’avais un thème précis en tête : une histoire d’amour et de manipulation.

Camille, jeune fleuriste, originaire d’un milieu modeste (beau-père chômeur professionnel, mère caissière dans un supermarché), tombe sous le charme délétère de Doriane, ange entre deux sexes et aventurière de la nuit, alors même qu’elle a une liaison avec Paul, un éditeur érudit qui a le double de son âge.

Après un CAP de fleuriste, Camille se lance dans l’apprentissage de l’Ikebana, l’art florale japonais né dans les temples bouddhistes et réglé par un code très strict même s’il existe différentes écoles.

En créant ce personnage de Camille, je ne savais pas qu’un jour j’irai au Japon, je me suis donc penchée sur l’Ikebana. Il me fallait cependant – sinon expliquer, du moins justifier – l’amour de Camille pour cet art si loin d’elle.

Lorsqu’elle était petite, la mère de Camille avait punaisé une reproduction du Fuji Yama dans sa chambre d’adolescente. Camille qui a davantage de rêves que d’ambition, sera forcément influencée par cette simple photo kitchissime du Mont Fuji.

Plus tard, Paul, l’éditeur et intellectuel lui expliquera avec des mots savants ce qu’est l’art du vide, propre à l’Ikebana…

…et moi, deux ans plus tard, je prendrai mon premier cours d’Ikebana dans un atelier du vieux Kyoto.

Difficile de parler (non, de vendre) ses propres ouvrages : « lisez ceci, achetez cela », je n’ai jamais su faire, probablement par honte et par lucidité de l’inutilité du procédé.

Mais voici un extrait :

« Doriane m’avait laissé entrevoir un monde extraordinaire, celui de l’amour interdit, du poison sans le danger de l’accoutumance, du vertige des sentiments ambigus sans le prix à payer. Un état d’ingénuité qui ressemblait fort au paradis mais qui se révèlera être celui de la ruse, donc de l’enfer »*

Des personnages de romans qui ne sont pas moi, même s’il existe des liens étranges et souterrains entre Camille et  l’auteur que je suis, entre la petite fleuriste et la voyageuse que je suis.

Je n’avais pas de Fuji Yama dans ma chambre d’adolescente – mais fort heureusement, une bibliothèque à portée de lecture – dans laquelle, avec émotion et excitation, je découvrais, ado,  un des livres qui m’a donné le goût irréductible du voyage et de l’ailleurs : la trilogie de Jean HOUGRON : “LA NUIT INDOCHINOISE”  (que plus personne ne lit)

Il faut toujours avoir des rêves plus grands que soi, on ne sait jamais où ils peuvent vous mener.

  • “Le velours de l’enfer” de Michèle Jullian. Sur www.lulu.com
Un joyeux mariage à Arashiyama

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