Avoir les yeux fermés du côté des larmes  

Des yeux bridés, des yeux à 1 seul étage ou des yeux épicanthiques ?

Les pays que je visite en curieuse voyageuse, m’offrent autant de bonheur que j’ai d’émerveillement à leur encontre. Un émerveillement jamais pris en défaut pour des visages, des regards, donc des complicités. Et pour des paysages parfois ou pour des instants sans parole. Emerveillements inconditionnels, indispensables qui ne gênent en rien ma lucidité, non envers les gens, mais envers leur pays (système, gouvernement, armée, politique, religion)

Je ne peux photographier que ce que j’aime, et j’aime naturellement l’Asie du nord au Sud-Est – qu’elle soit bouddhiste, musulmane ou chrétienne – avec un penchant pour les minorités, pour ceux qui sont les plus différents des différents : Batak de Sumatra (chrétien en terre musulmane) Minangkabaw (musulmans mais de culture matriarcale) Hmong (mais avec des cornes comme les « Miao long horn » du Guizhou en Chine) Et pas depuis 15 ans, mais depuis que j’ai 15 ans !!

Je ne peux photographier que la beauté, elle est partout, parfois évidente, parfois cachée, dans le pli d’un sourire ou dans la complicité d’un regard.

J’aime le différent. Je hais l’uniformité de notre monde en devenir, et  qu’’impose la mondialisation : des nourritures (junk food américaine) des façons de se vêtir (Zara dans toutes les grandes villes d’Asie), de penser….

J’aime certains mots qui me touchent, même lorsque je ne les comprends pas, mais dont je sens la bienveillance passagère, tout particulièrement au Japon.

Hier, dimanche, me promenant du côté du Louvre, j’entre dans une librairie. On me demande « puis-je vous aider ? » « Livres sur le Japon » je réponds « mais pas de romans. J’aime lire ceux qui me font aimer le Japon à travers leurs études sociologiques, philosophiques ou autre ». La jeune femme grimpe sur une échelle (elle est très forte et l’échelle est très fine !) et me tend un petit livre « Européens et Japonais, traité sur les contradictions et différences de mœurs au 16è siècle » préfacé par Claude Lévi-Strauss. J’ouvre l’ouvrage au premier chapitre et lis :

« Les européens tiennent pour beaux les grands yeux ; les Japonais les trouvent horribles ; pour eux les beaux yeux sont « fermés du côté des larmes »

Émerveillée je suis pour cette sublime formule sous la plume d’un père jésuite Portugais – R.P Luis Frôis.

Les yeux asiatiques ont un pli « épicanthique » (mot savant qui veut dire avoir une petite masse de graisse au niveau de la paupière). Chez nous on dit yeux bridés ». En Thaïlande on dit « avoir des yeux à un seul étage » (ce qui est mon cas), contrairement aux occidentaux qui présentent une double paupière (ce qui n’est pas mon cas)

Voilà qui explique mon attirance pour les « yeux fermés du côté des larmes » (nettement plus joli que épicanthique)

4 Replies to “Avoir les yeux fermés du côté des larmes  ”

  1. Les « canons » de la beauté sont diffèrents selon les ethnies, les continents, les civilisations et mes époquesais vous avez raison Michèle, elle est partout pour qui sait regarder…

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