L’Art du vide versus l’art du trop-plein

 

L’art du trop-plein ou le gavage d’oies

Un pays « rencontré » laisse toujours des traces en vous au retour et longtemps après encore.

Bizarrement, avant d’aller au Japon, lorsque j’écrivais « Le Velours de l’Enfer » je m’imprégnais de ce pays sans savoir que j’y mettrais les pieds un jour.

Camille, jeune fleuriste, se passionne pour les compositions florales japonaises appelées ikebana… de quoi attirer l’attention de Paul, séduisant éditeur qui tombe amoureux de la vendeuse et lui ouvre les portes des salons et de la littérature. Elle connaissait déjà les exigences de cet art raffiné et dépouillé, Paul, lui, avec des mots, lui inculque, les exigences de l’esthétisme.

Il apprend à Camille –  ce qu’elle sait déjà, d’instinct – l’art du vide. Ou le refus de l’encombrement. « Quand une chose est belle, on l’isole. On en augmente l’éclat par le vide qui l’entoure, A celui qui regarde de remplir ce vide ».

Un haïku par exemple (forme de poème typiquement japonais). Un haïku propose, en quelques syllabes, un évènement apparemment minime… puis se tait aussitôt. Au lecteur d’élargir. De remplir de ses rêves…. Jusqu’à l’infini. Ainsi le vide devient l’infini.

Dans notre société du trop-plein, du bourrage de tout (de crâne et d’estomac), après les cadeaux de Noël, la bouffe du Nouvel An, les soldes de janvier, nous sommes gavés… comme des oies.

Des associations se battent pour qu’on ne les gave plus pour en faire du foie gras, mais qui s’occupe de nous délivrer du gavage d’infos, de jouets cheap, de bouffe empoisonnée, qui nous empêchera de faire du gras (obésité) comme les oies et les canards ?

Ah j’en ai une vague idée : on va nous bassiner de conseils : que faire après le réveillon, que faire avec les jouets, que faire pour perdre du poids… et de nous conseiller : exercices, pas comptés, gymnastique, régimes…et même de la méditation… Encore du gavage… Pour digérer.

Je vais terminer cette petite chronique par un haïku… très philosophique, qui me convient bien :

Sans savoir pourquoi

J’aime ce monde

Où nous venons pour mourir

(Natsume Sôkesi 1867 – 1907)

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