Les petites filles musulmanes, objet de désir  ?

 

Foulard ou pas foulard ?

Par le plus grand des hasards je tombais, hier, sur une manifestation d’Iraniens, face au musée Guimet à Paris. Un groupe dont je m’attirais très vite la sympathie en montrant mon enthousiasme pour leur mouvement et leur désir de liberté.

Je parlais à des femmes et leur posais quelques questions concernant le voile. Non pas à Paris, là où elles vivent, mais en Iran, où des mouvements se forment pour faire chuter la dictature religieuse des mollahs… tout comme ce groupe en France, sous la houlette de Maryam Radjavi, femme politique engagée (je suis sa page sur FB)

« Non, les femmes ne sont pas libres de quitter le voile en Iran. Si certaines le font, c’est à leurs risques et péril. Si la police les arrête, c’est la prison, et là, on ne sait pas ce qui leur arrive : souvent la torture »

« Oui, notre pays est beau, et vous pouvez y venir en touriste, mais si vous vous intéressez à la réalité de ce pays, votre vie est en danger »

Voilà qui a calmé mes ardeurs d’aller un jour, – seule, comme toujours – en Iran.

« Quand les mollahs seront partis, alors vous pourrez venir, et on vous invitera »

Une averse a mis fin à notre discussion, mais les contacts ont été pris et échangés.

Pourquoi portent-elles encore le voile en France m’a-t ’on demandé ? Ce que ces Iraniennes veulent c’est « la séparation de la religion et de l’état en Iran, c’est le renversement de la dictature religieuse », un combat qui va au-delà du port du foulard.

Alors, le foulard ? ai-je encore insisté ? Elles m’ont répondu ceci : « ce que nous voulons c’est, ne pas être obligée de le porter ».

Mon expérience avec le foulard est purement asiatique. En Malaisie les petites filles le portent à l’école depuis le jardin d’enfants. Pour elles, c’est comme un uniforme, comme porter des socquettes blanches ou une blouse grise. Plus tard, il fait partie de leur vie, de leur façon de s’habiller. C’est même une mode, car on leur laisse encore la possibilité d’en choisir le style. Et elles savent jouer des couleurs, des dentelles, des broderies et des bijoux accrochés à ces foulards.  Comment dans ces conditions, s’en débarrasser à 30, 40 ou 50 ans ? En France, il est le symbole de la soumission, pour elles, non. Le « tudung » comme on dit en Malaisie et en Indonésie, est une pièce d’habillement, comme la jupe longue, comme les manches longues, c’est la façon de s’habiller. Il n’y en a pas d’autre. Celles qui s’habillent en jupe et se promènent les cheveux à l’air sont Chinoises ou Indiennes deux autres minorités importantes de Malaisie

Ce qu’elles ne savent pas ces femmes, c’est ce qui se cache derrière les intentions des hommes qui les ont obligé à porter ce foulard, des hommes formés dans les mosquées par des immams dont le cerveau a été lavé au wahabisme de l’Arabie Saoudite qui depuis des décennies construit des mosquées dans tout le sud est asiatique. Et pas que…

Car

Voiler des fillettes (ou des bébés) avant même l’âge d’entrer au jardin d’enfant, implique qu’on suppose qu’elles sont déjà – potentiellement – des objets de désir pour les hommes, si elles ne cachent pas leur cheveux.

3 Replies to “Les petites filles musulmanes, objet de désir  ?”

    1. Absolument LIliane…. et elles ne vivent pas ça comme une contrainte puisque les jeunes filles et femmes peuvent encore se maquiller et choisir les couleurs de leur « tudung »

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