Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Thaïlande…

… et que vous n’avez jamais osé demander aux Thaïs

Je viens de découvrir, dans une nouvelle édition 2017, le délicieux et savant, le savoureux et documenté ouvrage de Monseigneur Pallegeoix sur le Siam.

Ne pas se fier au titre un peu sévère « Description du Royaume Thaï ou Siam ». Cet évêque missionnaire, vicaire apostolique qui a vécu 30 ans en Thaïlande, est tour à tour anthropologue, grammairien, géographe, botaniste, observateur sans aucun préjugé (il ne parle pas de sa religion alors qu’il est missionnaire) et ami intime du roi Mongkut, père de Chulalongkorn. Mrg Pallegoix a aussi publié le premier « Dictionnaire siamois-latin-français-anglais »
Pour ceux qui vivent en Thaïlande et souhaitent connaître en profondeur ce pays, tout en se régalant du style et de sa diversité, c’est THE livre.

Sur l’essentiel on y retrouvera tous les traits de ce peuple dont l’originalité est malheureusement en train de se déliter au contact de millions de touristes et de « farangs » qui ont fait de ce pays leur cour de récréation (R and R comme disaient les GI’s durant la guerre du Vietnam)

Voici le Siamois tel que décrit par ce missionnaire. Drôle de comparer avec le Thaï d’aujourd’hui pas si différent sur l’essentiel après tout :
« Les Thaïs ont un caractère doux, léger, irréfléchi, timide et gai. Ils n’aiment pas les disputes ni rien qui qui sente la colère ou l’impatience. Is sont inconstants, distraits et surtout grands « demandeurs ». Quand ils voient quelque chose de curieux entre les mains d’étrangers, ils désirent l’avoir, mais ils ont l’esprit aumônier et ne laissent jamais partir un pauvre sans lui donner riz ou fruits.
Amateurs de jeux et divertissements, on peu dire que les Siamois passent presque la moitié de leur temps à s’amuser ; Ils sont très obéissants et témoignent un respect extraordinaire pour l’autorité, sans parler de la vénération de leur roi.
Les enfants ont beaucoup de respect pour leurs parents, ce qui vient peut-être de ce que les pères et mères ont un pouvoir absolu sur leurs enfants jusqu’à ce qu’ils soient établis. Ils peuvent les battre, les mettre aux fers et même les vendre comme esclaves (aujourd’hui, en Isan, des mères envoient leur fille se prostituer, pardon « tok farang » : aller à la pêche d’un étranger.
Quand une famille a des dettes elle vend 1 ou plusieurs enfants pour se libérer. Dans la classe pauvre, la plupart des filles sont vendues à ceux qui les demandent en mariage. Les riches ont plusieurs femmes, mais la première – mia luang – est regardée comme légitime, les autres – mia noï – sont appelées « petites femmes ».
« Si les Siamois sont superstitieux, ça ne vient pas du bouddhisme mais plutôt des pratiques indiennes (hindouistes ou chinoises) »

Rien n’a beaucoup changé dans ce pays où un fleuve (mae nam) se dit « la mère des eaux » où le lait (nam nom) se dit l’eau de la mamelle et les larmes, « nam taa », « l’eau des yeux »

Pallegoix décrit aussi les Karen, les Malais, les Lao, et c’est d’une réalité vraiment frappante.

• Description du Royaume Thaï ou Siam » édition Olizane

4 Replies to “Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Thaïlande…”

  1. Merci pour ce récit chère Michèle, mon grand-père maternel aimait ce qui pour lui été l’Indochine, il avait gardé un excellent souvenir de ces pays, il faisait partie de la garde du palais du gouverneur à Hanoï…

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