UNE BARBARE EN ASIE

« L’Orient pour s’orienter »

A l’école on nous apprend les 4 points cardinaux : nord/sud, est/ouest, mais savons-nous qu’en Orient extrême il y en a 5 : nord/sud, est/ouest, le cinquième étant au centre ?

A l’ouest, nous accordons de l’importance aux extrêmes, point de départ et point d’arrivée. D’où solitude et individualisme. A l’est, le point central est une sorte de cœur qui relie les autres points, d’où recours à la famille, à la communauté.

… informations recueillies au fil de mes lectures mais surtout au fil de mes voyages en Asie. Déductions vérifiables quasiment partout : en Thaïlande, au Laos, au Cambodge, en Indonésie, où famille et communauté sont – non seulement au cœur des événements familiaux – mais sont le cœur de la vie.

A l’ouest, univers linéaire, avec début et fin, naissance et mort. Point final.

A l’est, univers concentrique basé sur les cycles, c’est pourquoi la mort n’est jamais triste. La vie est recommencement.

A l’ouest, la vérité est une et indivisible même si on la discute et la conteste.

A l’est, la vérité est variable et relative, en fonction du lieu et du moment.

… ce qui fait dire à beaucoup de visiteurs-touristes : « en Asie difficile de faire confiance, les gens sont hypocrites, ils ne sont pas fiables » … mais nous arrive-t-il de penser que c’est nous qui leur faisons peur avec nos vérités assénées, nos certitudes définitives ?

Dans le contexte de l’occident, la mort est fin : l’inverse de la vie. Elle fait peur, on l’éloigne, on l’ignore, on l’occulte, on la cache. En Asie, la mort est passage, l’inverse de la naissance, d’où vénération et funérailles – ou crémations – partagées par le plus grand nombre.

J’ai souvent été « invitée » à ces cérémonies : Dans les villages Toraja de Sulawesi, chez les Karen de Thaïlande, chez les Batak du lac Toba à Sumatra.

Danser autour d’un cercueil choquerait sans doute tout français, pourtant je l’ai fait – j’y étais d’ailleurs priée – au son de l’orchestre loué pour l’occasion, lors de funérailles sur l’île de Samosir au milieu du lac Toba à Sumatra.

funérailles Batak, Samosir island, Sumatra
funérailles Batak, Lac Toba

Lors de fêtes franchouillardes on a coutume de dire « plus on est de fous, plus on rit », chez les Batak, ils disent : « plus il y a de monde autour du défunt plus on est heureux de lui dire au revoir. Etrangers bienvenus ». Impressions confirmées par les écrits de l’anthropologue américaine Kathleen M.Adams (« Everyday life in South-east Asia ») :

« Des funérailles réussies sont celles qui, non seulement attirent beaucoup d’invités étrangers, mais procurent nombre de documents écrits et audio » (that’s what I – modestly – do with my photos)

Dans la prochaine valise que je prépare mentalement pour le pays Sundanais, des livres – plus indispensables que les maillots de bains – avec sans doute « Un barbare en Asie » d’Henri Michaux, lui qui écrivait si justement : « L’ORIENT POUR S’ORIENTER »

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