Vagabonder aux quatre points cardinaux de la planète

 

Voyager sans boussole, sans être déboussolée et surtout, sans se laisser déboussoler

 

« Quand tu vas vers le sud, souviens-toi du nord. Quand tu vas ver l’ouest, souviens-toi de l’est »… adage qui veut sûrement dire « N’oublie jamais d’où tu viens »

Un adage qui éveille en moi d’autres expressions populaires, comme « Etre à l’Ouest », très utilisée chez les jeunes aujourd’hui et qui veut dire « Etre déconnecté du réel ». D’où vient cette expression ? Il parait qu’elle serait anglaise et daterait de la première guerre mondiale. « Go to West » : mourir ou être tué

Je ne suis pas souvent « à l’ouest », trop capricorne pour ça. Est-ce que j’en perds le nord pour autant ? (Moi qui vient précisément du nord ?) Sûrement pas.  Quant à « Perdre le Nord »,  ce serait une expression française du XVIè siècle qui  traduirait la désorientation, l’aiguille de la boussole indiquant toujours le nord, car aimanté par lui où que l’on soit.

Bizarrement, ces 2 expressions expriment une forme de déraison, de perte de repères, de perte de contrôle ou de sens des réalités. Mon repère à moi c’est l’Est. Définitivement.

La seule fois où je suis allée délibérément à l’ouest (New York), ce fut pour y rencontrer un moine birman ayant participé à la « Révolution Safran » de 2008, poursuivi par la Tatmadaw, (la junte birmane) et ayant trouvé l’asile politique aux US.

moine à Sukkhothai, Thaïlande

Je suis aussi allée en Amérique du Sud (Argentine, Chili, Brésil) mais c’était au cours d’un tour du monde à l’est toute, donc.

Souvenir qui m’évoque une pensée de Lao Tseu : « A l’est de l’Est :l’Ouest » (l’inverse étant valable également).

Le soleil se levant à l’Est, ce point cardinal serait donc « lumière » (C’est le matin qu’ont lieu les rites propitiatoires à Bali), et se couchant à l’Ouest, ce point évoquerait nuit et ténèbres (C’est aussi à l’Ouest que se pratiquent les rites funéraires Balinais)

Ma boussole ou mon aimant à moi ne sont donc ni le Nord ni l’Ouest, mais l’Est.

Vers l’Est je partirai encore donc, et pourquoi pas sur les pas supposés de Rimbaud à Java ?  (lire « Rimbaud à Java, the lost voyage » de l’érudit américain Jamie James.) Rimbaud se serait enrôlé – pour l’argent – dans l’armée coloniale hollandaise en 1876. Et s’il n’a rien écrit sur Java, c’est qu’il aurait pratiquement tout de suite déserté pour se cacher dans la jungle, il aurait donc pu se faire arrêter… Excitant de mettre ses pas à Batavia, nom de l’ancienne capitale Jakarta, où Rimbaud accosta, puis à Salatiga, un village de Java Central au pied du volcan Merlabu où aurait vécu un temps le poète.

Sans boussole je pars, mais pas sans repères. Comprenez la différence.

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