Les Sasak, un peuple, une histoire

Pour aimer vraiment un pays il faut en connaître l’histoire et éventuellement en étudier la langue. Il n’y a pas d’amour sans preuve d’amour dit-on… Alors cette volonté – d’abord appliquée à la Thaïlande – puis maintenant à l’Indonésie, est une belle preuve d’amour compte tenu des heures passées sur des ouvrages parfois ardus et complexes, et – mais de façon plus jouissive – des heures passées à prononcer cette langue ” passe partout” comme aurait dit Sir Raffles en son temps.

Langue indonésienne apparemment facile à mémoriser, à première vue, mais finalement complexe, car une phrase peut vouloir dire une chose et son contraire. C’est toujours le contexte qui détermine le vrai sens de la phrase.

Exemple :  saya sakit buang buang air besar (j’ai la diarrhée) qui peut aussi vouloir dire, d’après le médecin venu soigner ma cheville à Sengiggi : “je suis constipée” !!

et puis ceci encore : cuci mulut (tchouchi mulut) : “dessert”, mais c’est aussi se brosser les dents !!

Le contexte, c’est tout : l’essentiel, le sens, la compréhension.

Le contexte c’est ce qu’il y a autour. Autour d’un mot ou d’une phrase. Le contexte, c’est l’habillage, c’est comme la famille autour de l’individu, comme le kampung (le village), comme l’ethie auquel il est rattaché. Le kampung, l’ethnie, la famille c’est ce qui unit, relie, lie, consolide. C’est la solidarité entre membres d’un même groupe ethnique, d’une même famille, d’un même village.

La solidarité en Indonésie est une règle qui s’applique pour bâtir une maison, pour aménager une rizière, pour effectuer des travaux d’irrigation, pour organiser un mariage ou des funérailles. Autant de services qui ne se monnayent jamais, surtout en période de crise.

C’est pourquoi je crois au peuple Indonésien, et surtout au peuple Sasak de Lombok. Ils sont la vie. L’individualisme n’a pas place au sein du kampung. C’est ça “la démocratie de village”. Je les ai vus à l’oeuvre… C’est aussi le pouvoir des anciens. (donc le respect) en France on dirait les vieux…..

Quand on m’appelle “nenek” en Indonésien, ça veut dire “grand-mère, mais ce n’est pas un qualificatif c’est une position dans la hiérarchie familiale et à ce titre, appelle le respect. Sur la route, et un peu partout, les enfants me font le “Salam” : ils portent ma main à leur front puis l’embrasse. Toutes les mères invitaient leurs enfants intimidés par l’étrangère –  “orang bule” – que je suis – à faire le “salam”.

Je ne suis pas ici une grand-mère dans le sens péjoratif du terme. En m’appelant ainsi, on me place au plus haut point de la hiérarchie de la famille.

A Lombok, les Indonésiens sont des Sasak. Une ethnie, une langue, une culture. Et en Sasak on ne m’appelle plus “nenek” mais “papou” ! et tout de suite après on me demande “berapa cucu” ? combien de petits enfants ? (attention cucu ne se prononce pas à la française mais tchoutchou)

Une langue, une histoire, un peuple, les Sasak…… à découvrir à Lombok,au-delà des plages…..

Femme Sasak traditionnelle

 

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