L’amour terrestre et charnel plutôt que le paradis

L’amour charnel sur terre plutôt qu’un paradis hypothétique

Le hasard m’a fait découvrir les Berbères, peuple indigène d’Afrique du Nord, terre qu’ils appellent Tamazhgha. Ces Berbères se considèrent comme différents des Arabes arrivés en Afrique du Nord vers le 7è sièce, une période durant laquelle commence l’islamisation des Berbères. “Les Berbères sont l’ADN du Maroc” me disait un guide.

Plutôt que de s’appeler “Berbères” entre eux – mot péjoratif dérivé de “barbare”, ils s’appellent Imazighen ou Amazigh. Ils se disent ethniquement, culturellement, linguistiquement très différents des Arabes.

Le sang est considéré par les Berbères comme la substance qui unit le peuple. Mais chez les Berbères, il n’y a pas que le sang qui crée des liens de parenté indélébiles. Il y a aussi le lait.

Lorsqu’un enfant a été nourri au lait d’une femme qui n’est pas sa mère, il devient alors “enfant de lait” de cette femme et de sa lignée, des liens aussi forts que les liens du sang. Deux enfants partageant la même nourrice et donc le même lait, deviendront de facto des frères ou des frères et sœurs, une sorte de pacte. Et du coup, ils seront interdits de mariage dans l’avenir. Une sorte de pouvoir de la femme Berbère sur son clan.

Les femmes en pays musulmans sont considérées comme des personnes ne jouant un rôle qu’à l’intérieur de la famille, les hommes jouant leur rôle à l’extérieur, mais c’est sans tenir compte du rôle de la femme dans la continuité de la tradition des coutumes berbères Les femmes Amazigh ont un rôle dans la sphère publique aussi bien que privée  avec la transmission de la culture :   tatouages, l’art des tapis etc. elles sont les conservatrices et les “passeuses” de la culture berbère. Avec parfois de beaux “actes de bravoure” !

Un exemple…. une anecdote. Je me souviens d’un Berbère qui me parlait de sa grand-mère, une berbère Amazigh, au fort tempérament.. anecdote trop belle pour que je la garde pour moi.

Donc : “Un jour, à l’occasion d’un mariage, quelqu’un demanda à ma grand-mère,  qui avait déjà un certain âge à l’époque : “Si on te donnait le choix entre un beau jeune-homme comme mari ou l’assurance du paradis à venir, que choisirais-tu ? ” A la stupéfaction de tous, la grand-mère répondit “Sans hésiter je choisirai le beau jeune homme”.

Le concret donc à la promesse d’un paradis incertain, et quel paradis  pour les femmes Berbères musulmanes ? La grand-mère berbère avait préféré l’amour terrestre et charnel à un paradis improbable.

J’aurais fait la même chose : j’aurais choisi l’amour terrestre et charnel avec un beau jeune-homme plutôt que la promesse d’un paradis hypothétique

 

4 Replies to “L’amour terrestre et charnel plutôt que le paradis”

  1. en France c’est frère et soeur de lait et ils se considèrent de la même famille, j’en connais, mais bien sûr se marier ne leur est pas interdit. Quand à Mamie du Maroc elle a l’esprit jeune et c’est tout ce qui compte, ne pas perdre le nord !!

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